Poser le code de suivi prend cinq minutes. Obtenir des données réellement exploitables demande une heure de plus et c’est cette heure que presque tout le monde saute. Résultat : des milliers de sites collectent depuis des mois des chiffres faussés par leurs propres visites, sans historique conservé et sans le moindre objectif défini. Voici l’ordre dans lequel procéder.
Avant d’installer, décider ce que vous voulez mesurer
L’installation n’est pas la première étape. La première étape consiste à répondre à une question : qu’est-ce qui compte comme un succès sur votre site ?
Pour un organisme de formation, ce sera une demande de documentation, une inscription à une session, un téléchargement de programme. Pour un site vitrine, un appel ou un formulaire envoyé. Sans cette réponse écrite noir sur blanc, vous installerez un outil qui mesure des visites donnée à peu près inutile prise isolément. C’est la mise en garde que formule systématiquement Julien Jimenez avant tout paramétrage : un outil de mesure branché sans objectif défini produit des rapports que personne ne lira jamais, parce qu’ils ne répondent à aucune question.
Notez ces objectifs, même sommairement. Ils détermineront tout le reste de la configuration.
Créer le compte et la propriété
La hiérarchie est simple : un compte pour l’organisation, une propriété par site, un flux de données par plateforme.
Renseignez soigneusement le fuseau horaire et la devise à la création : ces réglages sont difficiles à corriger ensuite et faussent toutes les comparaisons de périodes.
Si vous gérez plusieurs sites, créez une propriété distincte par site plutôt que de tout mélanger. Le regroupement se fait ensuite, si nécessaire, au niveau du reporting.
Poser le code de suivi
Trois méthodes, par ordre de préférence.
Via un gestionnaire de balises, si vous comptez ajouter d’autres outils par la suite. C’est la solution la plus propre et la plus évolutive.
Via une extension de votre CMS, si votre site tourne sur une plateforme courante. Rapide et fiable, à condition de ne pas cumuler deux extensions qui poseraient le code en double.
Directement dans le code, dans la section <head> de toutes vos pages. Simple, mais fastidieux à maintenir.
Une seule installation, jamais deux : le double comptage est l’erreur la plus fréquente et la plus difficile à repérer après coup.

Les cinq réglages à faire immédiatement
Portez la conservation des données à 14 mois. Le réglage par défaut est de 2 mois. Passé ce délai, vos données détaillées sont supprimées définitivement et aucune récupération n’est possible.
Excluez votre trafic interne. Déclarez vos adresses IP dans les paramètres de flux, puis activez le filtre. Sans cela, vos propres consultations gonflent artificiellement les chiffres, particulièrement sur un site à faible audience.
Vérifiez la mesure améliorée. Elle est active par défaut et capte automatiquement les défilements, clics sortants, téléchargements et recherches internes. Désactivez ce dont vous n’avez pas l’usage.
Reliez la Search Console. Deux minutes, et vous obtenez les requêtes de recherche directement dans vos rapports.
Excluez les domaines de paiement ou de redirection que vos visiteurs traversent, pour éviter qu’ils apparaissent comme sources de trafic.
Vérifier que ça fonctionne
Ouvrez le rapport temps réel et naviguez sur votre site depuis un autre appareil. Si vous vous voyez apparaître, la collecte fonctionne.
Attendez ensuite 48 heures et comparez le nombre de sessions avec une autre source les statistiques de votre hébergeur, par exemple. Un écart de 10 à 20 % est normal ; un écart d’un facteur deux signale un problème d’installation qu’il vaut mieux traiter tout de suite, avant d’avoir bâti des mois d’analyse sur des données fausses.
